A la demande général d'Alty je met la suite :)
Je suis née un beau matin dans une ferme ensoleillée de la région de Forge. Ma naissance fut une joie pour mon père et pour ma mère... En fait, non... Malgré mon envie d'une enfance idyllique, il est temps de dire la vérité, même si ce concept est en totale opposition avec mon métier. Je suis née dans une cabane pouilleuse dans le marais d'Arion. Mon père, alcoolique notoire, y pratiquait le doux métier de profanateur de sépultures, quand il n'était pas occupé à détrousser les pauvres gens sur la route. Cet homme, ayant toutes les qualités humaines, battait régulièrement ma mère et a tenté plusieurs fois d'abuser de moi. Tous les soirs, je me couchais en priant la Lumière de me délivrer de ce monstre et de nous sauver ma mère et moi. Jamais aucune réponse ne me fut donnée. Quand arriva le jour de mes 13 ans...
J'entrai en trombe dans la cuisine :
- Maman ! Maman ! Regarde, j’ai trouvé ces fleurs pour toi !
- C’est bien ma fille. Pose-les là ; je m’en occuperai plus tard.
Quand elle se retourna je vis ma mère, cette femme de trente ans, vieillie avant l’âge, défigurée par les hématomes
- Il t’a encore frappée ! Il faut que ca s’arrête, maman ! Un jour, il va te tuer. Je ne peux plus supporter qu’il te touche…
- Du calme ma fille, ce n’est pas un méchant homme. La vie n’a pas été facile pour lui et la Lumière m’en soit témoin, je pense qu’il peut encore changer.
- Maman, tu rêves encore, me révoltai-je. Le prêtre du village n’arrête pas de dire que la Lumière est partout mais regarde-nous. Regarde comment nous vivons et d’où Père tire l’argent qu’il dépense a la taverne. Crois-tu que la Lumière est quelque part dans notre vie ? Viens maman, fuyons cette porcherie et mon père !
- C’est ça ! Ecoute donc ta salope de fille, retentit une grosse voix derrière moi.
Surprise, je fis volte-face et vis mon père dans l’encadrement de la porte.
- Essaye donc de partir et tu sentiras ma ceinture sur ton dos, Femme. Quant à toi, ma fille, je vais te coller une volée qui te guérira de dire du mal de moi.
Tremblante de peur, je courus me refugier derrière ma mère. Mon père s'avança vers nous en titubant :
- J’en ai marre de toi ! Tu manges mon pain et tu me rapportes rien. Je vais t’vendre au bordel ; au moins, tu me serviras à quelque chose.
Ma mère s’interposa :
- Moi vivante, cela n’arrivera pas Rolf. Tu entends ? Tu es encore saoul comme une barrique ! Va cuver dans la chambre.
- Toi vivante ? Ca peut s’arranger, espèce de catin.
Devant mes yeux horrifiés, mon père sortit le couteau qui pendait toujours à sa ceinture et d’un geste rapide, il égorgea ma mère. Je réussis à m’enfuir par la fenêtre et je courus vers le bois pour me cacher. J'entendis mon géniteur vitupérer sur le pas de la porte, mais il était trop saoul pour me poursuivre. A bout de souffle, je m’écroulai contre un arbre. Je mis plusieurs minutes à me remettre puis, prise d’une violente crise de rage, je hurlai :
- Maudite soit la Lumière de nous avoir imposé cela. Maudite sois-tu pour la mort de ma mère et pour les tortures que tu m'infliges. Puisque c’est ainsi, je te renie et j’implore les Ténébres de venir à mon secours !
C'est à ce moment qu'Elle m'apparut, toute de noir vêtue.
- Ma chère petite, je peux t'accorder ta vengeance, mais es-tu capable d'en payer le prix, demanda-t-elle ?
- Oui, lui répondais-je. N'importe quel prix. Plus rien ne me retient sur cette terre !
- Bien, me dit-elle. Alors, je supprime en toi toute notion de pitié ou de remord. Tu deviendras un assassin à ma solde. Plus jamais une mort ne fera souffrir, mais plus jamais tu ne connaîtras la joie. Es-tu d'accord ?
Je hurlais ma réponse :
- OUI ! Donnez-moi la force de le tuer et je serai votre créature et votre instrument. Elle disparut et me laissa seule.
Là, dans la clairière, je sanglotai encore quand tout paru clair dans mon esprit. Je retournais à la cabane ; mon père s'y trouvait encore. Je défis mon corsage laissant apparaitre un sein et je me m'immobilisai sur le pas de la porte.
- Alors espèce de porc. Tu te dis un homme ? Viens essayer de me le prouver ! Essaye de m’attraper pour me le montrer ou alors tu n’es qu'un infâme pourceau qui n’est capable que de frapper une faible femme.
Mon père devint rouge et commença à me poursuivre en titubant. Je continuai à l’insulter tout en l’emmenant vers le piège que j’avais conçu. Je sautai au-dessus un tas de feuille et j’entendis un hurlement de douleur. Je me retournai et je vis mon père, la jambe emprisonnée dans le piège à loup que j’avais dissimulé.
- C’est l’heure de payer, espèce de charogne... adieu et crève !
Je m’emparai d’une grosse branche et l’assommai prestement. Je n'eus pas à attendre longtemps avant que les loups arrivent, comme guidés par une force invisible. Je les regardai dévorer mon père sans aucune joie. Une fois que les bêtes s'éloignèrent, abandonnant la carcasse sanguinolante, Elle réapparu. La dame en noir, une silouhette difficilement définissable.
- Oublie ton nom, ordonna-t-elle. Oublie ta famille, parce que tu es à moi maintenant. Je te nomme Clémence, car pour tes victimes, tu n'en auras aucune. Maintenant, va et tue ceux qui sont sur ta route. Mais n'oublie jamais à qui tu appartiens.
Sans un regard derrière moi, je m’enfonçai donc dans la forêt, obéissant aux ordres de ma Maîtresse, me sentant investie de son pouvoir.
Inspiration perdue
Il y a 10 ans
