lundi 18 août 2008

Clémence : Au commencement

A la demande général d'Alty je met la suite :)

Je suis née un beau matin dans une ferme ensoleillée de la région de Forge. Ma naissance fut une joie pour mon père et pour ma mère... En fait, non... Malgré mon envie d'une enfance idyllique, il est temps de dire la vérité, même si ce concept est en totale opposition avec mon métier. Je suis née dans une cabane pouilleuse dans le marais d'Arion. Mon père, alcoolique notoire, y pratiquait le doux métier de profanateur de sépultures, quand il n'était pas occupé à détrousser les pauvres gens sur la route. Cet homme, ayant toutes les qualités humaines, battait régulièrement ma mère et a tenté plusieurs fois d'abuser de moi. Tous les soirs, je me couchais en priant la Lumière de me délivrer de ce monstre et de nous sauver ma mère et moi. Jamais aucune réponse ne me fut donnée. Quand arriva le jour de mes 13 ans...

J'entrai en trombe dans la cuisine :
- Maman ! Maman ! Regarde, j’ai trouvé ces fleurs pour toi !
- C’est bien ma fille. Pose-les là ; je m’en occuperai plus tard.

Quand elle se retourna je vis ma mère, cette femme de trente ans, vieillie avant l’âge, défigurée par les hématomes
- Il t’a encore frappée ! Il faut que ca s’arrête, maman ! Un jour, il va te tuer. Je ne peux plus supporter qu’il te touche…
- Du calme ma fille, ce n’est pas un méchant homme. La vie n’a pas été facile pour lui et la Lumière m’en soit témoin, je pense qu’il peut encore changer.
- Maman, tu rêves encore, me révoltai-je. Le prêtre du village n’arrête pas de dire que la Lumière est partout mais regarde-nous. Regarde comment nous vivons et d’où Père tire l’argent qu’il dépense a la taverne. Crois-tu que la Lumière est quelque part dans notre vie ? Viens maman, fuyons cette porcherie et mon père !
- C’est ça ! Ecoute donc ta salope de fille, retentit une grosse voix derrière moi.

Surprise, je fis volte-face et vis mon père dans l’encadrement de la porte.
- Essaye donc de partir et tu sentiras ma ceinture sur ton dos, Femme. Quant à toi, ma fille, je vais te coller une volée qui te guérira de dire du mal de moi.

Tremblante de peur, je courus me refugier derrière ma mère. Mon père s'avança vers nous en titubant :
- J’en ai marre de toi ! Tu manges mon pain et tu me rapportes rien. Je vais t’vendre au bordel ; au moins, tu me serviras à quelque chose.

Ma mère s’interposa :
- Moi vivante, cela n’arrivera pas Rolf. Tu entends ? Tu es encore saoul comme une barrique ! Va cuver dans la chambre.
- Toi vivante ? Ca peut s’arranger, espèce de catin.

Devant mes yeux horrifiés, mon père sortit le couteau qui pendait toujours à sa ceinture et d’un geste rapide, il égorgea ma mère. Je réussis à m’enfuir par la fenêtre et je courus vers le bois pour me cacher. J'entendis mon géniteur vitupérer sur le pas de la porte, mais il était trop saoul pour me poursuivre. A bout de souffle, je m’écroulai contre un arbre. Je mis plusieurs minutes à me remettre puis, prise d’une violente crise de rage, je hurlai :
- Maudite soit la Lumière de nous avoir imposé cela. Maudite sois-tu pour la mort de ma mère et pour les tortures que tu m'infliges. Puisque c’est ainsi, je te renie et j’implore les Ténébres de venir à mon secours !

C'est à ce moment qu'Elle m'apparut, toute de noir vêtue.
- Ma chère petite, je peux t'accorder ta vengeance, mais es-tu capable d'en payer le prix, demanda-t-elle ?
- Oui, lui répondais-je. N'importe quel prix. Plus rien ne me retient sur cette terre !
- Bien, me dit-elle. Alors, je supprime en toi toute notion de pitié ou de remord. Tu deviendras un assassin à ma solde. Plus jamais une mort ne fera souffrir, mais plus jamais tu ne connaîtras la joie. Es-tu d'accord ?
Je hurlais ma réponse :
- OUI ! Donnez-moi la force de le tuer et je serai votre créature et votre instrument. Elle disparut et me laissa seule.

Là, dans la clairière, je sanglotai encore quand tout paru clair dans mon esprit. Je retournais à la cabane ; mon père s'y trouvait encore. Je défis mon corsage laissant apparaitre un sein et je me m'immobilisai sur le pas de la porte.
- Alors espèce de porc. Tu te dis un homme ? Viens essayer de me le prouver ! Essaye de m’attraper pour me le montrer ou alors tu n’es qu'un infâme pourceau qui n’est capable que de frapper une faible femme.

Mon père devint rouge et commença à me poursuivre en titubant. Je continuai à l’insulter tout en l’emmenant vers le piège que j’avais conçu. Je sautai au-dessus un tas de feuille et j’entendis un hurlement de douleur. Je me retournai et je vis mon père, la jambe emprisonnée dans le piège à loup que j’avais dissimulé.

- C’est l’heure de payer, espèce de charogne... adieu et crève !
Je m’emparai d’une grosse branche et l’assommai prestement. Je n'eus pas à attendre longtemps avant que les loups arrivent, comme guidés par une force invisible. Je les regardai dévorer mon père sans aucune joie. Une fois que les bêtes s'éloignèrent, abandonnant la carcasse sanguinolante, Elle réapparu. La dame en noir, une silouhette difficilement définissable.
- Oublie ton nom, ordonna-t-elle. Oublie ta famille, parce que tu es à moi maintenant. Je te nomme Clémence, car pour tes victimes, tu n'en auras aucune. Maintenant, va et tue ceux qui sont sur ta route. Mais n'oublie jamais à qui tu appartiens.

Sans un regard derrière moi, je m’enfonçai donc dans la forêt, obéissant aux ordres de ma Maîtresse, me sentant investie de son pouvoir.

lundi 11 août 2008

L'être-mirroir

voila un autre poême issus de ma période de spleen total. Il est un peut ma partie sombre


Je suis un être-mirroir
Vos angoisses je les bois
Vos peurs je les vois
Vos doutes viennent en moi

Je suis un être-mirroir
D’existence je n’en est pas
Par les autres je me vois
Pour les autres je me bat

Je suis un être-mirroir
Sur moi vous déversez
Vos problèmes journaliers
Vos désirs insensés

Je suis un être-mirroir
Une aberration humaine
Un vampire des peines
De malheur je me nourris

De douleur je vit
Je suis un être-mirroir
J’espère qu’une personne viendras
Et qu’elle entendras

Ce cris qui monte au fond de moi
Libérez moi !

mardi 5 août 2008

Clemence première partie

Il faut que je vous explique qui est Clemence. Ce fut ma premrière experience de jeu de rôle en MMORPG, j'ai incarné pendant plusieurs années cette tueuse au coeur sombre dans une guilde nommée Ashassin. En meme temps que je jouais j'ai commencé a ecrire son histoire sur un forum comunautaire JeuxOnLine. Depuis peu j'ai repris ces différents recits et je les ai remis en forme voila donc le premier. L'histoire se passe dans un monde Médieval fantastique

Cela fait trois jours que je cours dans cette maudite forêt de Greest. Je n’arrive pas à semer mes poursuivants ; je me suis faite avoir comme une débutante dans une embuscade qui a tué mon cheval. Les dix Lames Rouges qui me pistent m’avaient encerclée, mais j’ai pu fuir en laissant trois des leurs raides morts. J’aurais cru qu’ils me lâcheraient dès que j’en aurais tué quelques uns durant ma fuite. A maintes reprises, j'ai rebroussé chemin afin de leur tendre un piège, pour disparaître de nouveau dans les Ombres. Traquer une prédatrice est toujours dangereux et je compte bien le leur montrer…

A cinquante ans, dont plus de trente au service de ma Maîtresse, mes reflexes commencent à baisser. Le poids de mon armure de cuir noire et de mes armes commence à me peser. Alors que j'évolue silencieusement dans les Ombres, j’entends des pleurs sur ma gauche. Soupçonnant une nouvelle attaque, je m’avance pour observer les lieux, tous les sens en alerte. J'aperçois alors une fillette d'environ une dizaine d’années, pleurnichant au pied d’un arbre. Je sors ma dague et ma rapière et je me dirige vers elle. Autant en finir ici et rapidement ! Je n’ai plus la force de courir avec ces chiens à mes trousses...

La petite fille sursaute :
- Mais qui êtes-vous ?

Je marque un temps d’arrêt. Cachée dans les Ombres, elle n’aurait pas dû me voir. Je sors donc de ma cachette pour me présenter :
- Je suis Clémence, Maîtresse des Ombres du clan des Ashassins. Et toi, petite ? Qui es-tu et que fais-tu dans ce bois maudit ?
- Je m’appelle Myrielle. J’ai fui de chez moi car le prêtre de la Lumière m’a accusée d’être une sorcière et d’apporter la malédiction au village. Tout ça parce que je ressens des choses et que je peux presque lire les pensées des gens. Les villageois m’ont pourchassée mais j’ai pu leur échapper dans ces bois où personne n'ose s'aventurer. Ils arrivent !! Fuyez !

Je me retourne alors que cinq Lames Rouges s'approchent. Ces redoutables tueurs m’ont retrouvée. Je murmure :
- Je suis trop vieille et trop fatiguée pour courir, jeune fille. Mais rassure-toi, je sais encore danser.
- Danser, ma dame ?
- Chut. Regarde et apprend !

Les cinq guerriers se sont déployés en demi-cercle, silencieux. Je réfléchis et passe rapidement à l’attaque. Plongeant sur ma gauche, je lance ma dague qui se plante dans la gorge du premier de mes assaillants. Je me relève, esquivant difficilement un coup de taille d’une Lame Rouge. Vive comme l'éclair, je riposte en la griffant au visage et elle s’écroule en hurlant sous l'effet dévastateur du poison qui imprègne mes griffes d'acier. Surpris, mes trois autres adversaires se montrent maintenant plus prudents. Je dégage le poignard que je cache dans ma botte et je souris. Ma rapière dans la main droite, mon arme courte dans la gauche, je fonds sur la Lame la plus proche. Elle m’attaque d’un coup vicieux au torse. Je dévisse et lui enfonce mon poignard dans son ventre soudainement exposé. J’ai à peine le temps de le retirer que je dois parer les coups des deux derniers assaillants. Esquives et parades s’enchainent pendant ce qui me semble une éternité. Je suis épuisée, je ne trouve pas la faille dans leur défense et je me bats de façon mécanique. Je ressens la Danse au plus profond de mon être. Enfin, le rythme de mes opposants se ralentit et un instant d'inattention de celui de gauche me permets m’en débarrasser d’un coup d’estoc. Le dernier fonce sur moi dans une charge désespérée. Je l'accueille d’un coup de pied qui l'envoie au sol et je plante ma rapière dans son crâne.

Je récupère ma dague et j’essuie mes armes.
- Ma Dame, vous saignez, s'écrie Myrielle, sortant prudemment des buissons où elle s'est réfugiée dès le début du combat !

J’inspecte mon corps et trouve une estafilade sur le côté. Visiblement, je n’ai pas esquivé autant de coups que je le supposais. J’enlève mon plastron de cuir et, prenant une aiguille et du fil dans mon sac, je commence à recoudre la blessure. Je marmone :
- J’ai de la chance qu’ils n’aient pas empoisonné leurs armes, cette fois. Décidément, ces petits jeux ne sont plus de mon âge ! Il y a quelques années, ils ne m’auraient même pas touchée.
- Ma Dame, quel est ce tatouage sur votre épaule ? Un serpent ?
- C’est le symbole de mon dieu Sethi. On me l’a tatoué quand j’ai réussi les épreuves pour entrer chez les Ashassins.
- Se…thi, répète timidement la fillette. mais c’est un dieu des Ténèbres ! Le prêtre de la Lumière dit que ses adorateurs sont maléfiques et dangereux.

Je relève la tête et lui répond sèchement :
- Qui est le plus maléfique ? Moi qui ne t’ai pas touchée ou le prêtre qui voulait te tuer à cause de ton Pouvoir ? Le dieu Serpent est le dieu des parias, des rejetés, de ceux qui cherchent la puissance. Il ne promet rien pour l’au-dela, mais nous pousse à obtenir ce que l’on veut ici et maintenant. Il est sévère, mais juste et il n’accepte pas que ses adorateurs soient menacés. Voila pourquoi Ashassin a été créé : pour défendre nos lieux de cultes et nos croyants. La Lumière est un leurre ! Ses paladins et prêtres ne servent que leur propre cause et leur soif de pouvoir, se moquant bien du peuple. Ils sont au service des puissants et méprisent les petites gens !
- Ho, s’il vous plait, implore la gamine. Racontez-moi ! Dites-moi comment devenir comme vous.

Bizarrement, cette enfant réveille quelque chose chez moi que je croyais disparu ; un sentiment depuis longtemps révolu.
- D’accord. Alors, prépare-toi à écouter le récit de ma vie. L’histoire de Clémence, Maîtresse des Ashassins.